mercredi 19 mars 2014

ÉRIC LELEU, DE GUESNAIN À SHANGHAÏ (Voici au moins de quoi nous faire rêver un peu ...)

Éric Leleu est un photographe de 35 ans. Il s’est installé à Shanghaï où il vit depuis 10 ans.

Ses origines. «Je suis né à Douai et j’ai grandi à Guesnain où je suis allé à l’école primaire. J’ai ensuite rejoint Douai pour le collège, lycée et classes préparatoires à Saint-Jean. J’ai ensuite passé cinq ans à l’EMLyon (école de commerce). J’ai beaucoup bougé pendant cette période: stages à Paris, au Racing-club de Lens, ERASMUS en République tchèque, projet humanitaire en Inde… Une fois mon diplôme en poche, à 25 ans, j’ai décidé de m’installer à Shanghaï en tant que photographe indépendant.»

Pourquoi il est parti. «Je suis parti par amitié. Thomas, l’un de mes meilleurs amis, originaire d’Arras, était basé à Shanghaï depuis un an. Nous voulions nous lancer professionnellement ensemble depuis longtemps. Je me suis dit que ce serait plus facile de commencer à Shanghaï qu’à Paris, où le fait de ne pas avoir étudié la photo aurait pu être un handicap. Enfin, je voulais découvrir l’Asie, sa philosophie, m’ouvrir à un autre monde

Ce qu’il fait sur place. «Je suis photographe à plein-temps. Depuis mon arrivée, j’ai travaillé pour des magazines internationaux (New York Times, Die Zeit, Le Monde…), fait des expositions en Asie et en Europe. J’étais aussi le photographe officiel du Pavillon Français pour l’exposition universelle de 2010. La Chine m’a offert beaucoup d’opportunités et de sources d’inspiration. En parallèle, j’ai monté une agence de création avec deux amis cht’is.»

Ce qui lui plaît. «J’aime l’optimisme ambiant, la confiance en l’avenir. Cela change de mes 25 premières années en France où j’ai beaucoup entendu parler de crises en tous genres. Mais, par opposition, je redécouvre la beauté et la douceur de la France. Cela peut être de petits détails comme pouvoir boire l’eau du robinet, plaisanter avec le boulanger, respirer de l’air non pollué…»

Ses liens avec la région. «Je rentre chaque année pour une durée totale de trois mois. Mon frère et moi avons entrepris de rénover la ferme familiale à côté de Douai. 
LA FERME LELEU, TELLE QU'ON POUVAIT LA VOIR JADIS ET QUI N'A PAS BEAUCOUP CHANGÉ D'ASPECT DE NOS JOURS MISES À PART LES RÉNOVATIONS ENTREPRISES ET LE FLEURISSEMENT DE LA COUR, VISIBLE DE LA RUE DESMARETZ...
J’y passe tous les étés et serai amené à m’y investir de plus en plus. Ici aussi, à Shanghaï, il y a pas mal de Chti-nois. Donc la région ne s’oublie pas, bien au contraire.»

Ce qui lui manque. «Le fromage et le vin rouge. Le Maroilles et la Goudale! Mais aussi l’humour et la simplicité des gens du Nord.»

Son ch’ti objet fétiche. «Mon maillot du Racing-club de Lens de 1998, année du sacre.»

Le regard porté sur les Français. «Pour les Chinois, nous sommes romantiques, aimons le vin rouge et le fromage qui pue, faisons les meilleurs produits de luxe du monde et sommes toujours en grève ou en vacances!»

Son conseil. «Ne pas trop réfléchir! Il faut un peu de folie et d’insouciance. Le culot paie!»

Propos recueillis par Elsa GRENOUILLET (VOIX DU NORD)

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